De la nécessité d’une bonne paire d’oreilles


C’est un fait, nous sommes de plus en plus durs de l’oreille. Puisque posséder un appareil auditif naturellement performant relève du luxe, je vous propose aujourd’hui l’exercice suivant : à défaut d’entendre correctement, apprenons à écouter.

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En effet, quoi de pire que d’avoir des mots avec un interlocuteur qui n’a rien, mais alors rien à faire de vos paroles et qui débite son discours ? Les gens qui font la sourde oreille, c’est exaspérant. Résultats : déjà, ce babillage me casse les oreilles ; ensuite, ce qui est dit par cette personne a beau être intéressant, ça rentre par une oreille et ça sort par l’autre. En somme, le bénéfice de la conversation est perdu, à cause d’un verbiage un peu trop envahissant.

Comme vous voyez, je rêve de tirer les oreilles à ce genre d’individu volubile – ceux-là commencent à avoir les oreilles qui sifflent. Pourtant, écouter l’autre, c’est la base de la base. A quoi nous sert notre belle langue si nous ne pouvons l’utiliser qu’en écrivant, ou en pensant ? Et encore, pour ce qui est de lire et d’écrire, rien ne garantit que ce n’est pas en diagonale.

Et ce n’est pas seulement la question de l’utilité de la langue qui est soulevée ici, mais aussi – et surtout – celle de l’intérêt à agir de la sorte. Comment espérons-nous nous approprier un savoir, une parole, une pensée si nous ne l’écoutons que d’une oreille lorsqu’elle nous est transmise ?

Vraiment, je ne l’entends pas de cette oreille. Ce n’est en rien la conception que j’ai d’un échange fructueux. Tentons plutôt, en toutes circonstances, de prêter l’oreille et de lever la tête vers notre environnement. A cette condition, nous pourrons nous confronter réellement aux autres et sinon grandir, du moins évoluer. Pensons aussi au regain de confiance que l’écoute provoquerait : chacun ayant l’oreille de l’autre, nous formerions peut-être une meilleure société, fondée sur la solidarité et le respect.

Bref, ce petit billet pour vous mettre la puce à l’oreille sur un phénomène dangereux et banalisé. J’espère bien qu’il n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd – je ne le pense pas, sans vouloir vous flatter l’oreille… mais, après tout, on ne sait jamais. Ayant bien accompli mon devoir, je peux donc dormir sur mes deux oreilles.

N’hésitez pas si ce billet vous a plu : grâce au bouche-à-oreille, nous pouvons faire prendre conscience de la nécessité d’écouter à tous ceux qui seraient concernés… La Toile a des oreilles !

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3 Commentaires

Classé dans Exercices de style, Questions existentielles

3 réponses à “De la nécessité d’une bonne paire d’oreilles

  1. ACS

    Étonnamment, ce qui m’a le plus frappé à première lecture est plutôt l’exercice de style que le propos. Pour un propos tenant sur l’attention portée au locuteur tu m’as égarée!

  2. zte 4

    J’adore !!!

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