Les Français n’ont plus confiance en leurs politiques ni en leurs médias. C’est grave, docteur ?


Nous l’avons observé tout au long des dernières semaines : ce mal qui ronge les sociétés modernes, ce n’est plus la crise économique ou le chômage, mais à présent la corruption. L’affaire Cahuzac nous a montré combien elle peut être insidieuse, d’autant plus qu’elle va souvent de pair avec le mensonge. Pourtant, son seul résultat attesté n’est qu’un vulgaire trompe-l’œil qui n’a rien d’artistique.

Cette corruption, aux yeux de l’opinion publique, atteint son paroxysme dans la sphère politique. Et une telle idée s’impose naturellement aux citoyens, qui voient le mal démultiplié par l’exemplarité que nécessite la fonction publique : en effet, qui, mieux que nos élites, pourrait montrer la conduite à suivre ?

A entendre le grondement sourd et critique qui émane de la plupart des Français, le vice corrupteur serait, plus que pathologique, contagieux, partant des coulisses politiques pour contaminer les médias et l’économie. Car, depuis le début de la cinquième République, ils sont toujours plus nombreux à dénoncer l’influence, sinon la manipulation qu’exerce trop souvent le politique sur le médiatique. Et quand ces deux domaines sont réunis autour de question d’argent, on a pour issues les affaires Bettencourt et Cahuzac.

Quoi de mieux pour susciter encore l’indignation et la colère des citoyens ? Quoi de mieux pour embourber davantage le gouvernement en place ? Quoi de mieux pour discréditer l’ensemble de la scène politique et médiatique ? Désamour entre le peuple, ses dirigeants et ses relais, qui rompt la relation de confiance instituée par la démocratie. Et qui, aujourd’hui, semble mener notre pays droit dans la mur, vers une crise de régime sans précédent.

L’ingrédient miracle qui offrira un sursis et, pourquoi pas, une maigre perspective de survie à une France politique et médiatique malade, ce n’est assurément pas la moralisation de la vie politique ; parce qu’il ne devrait y avoir nul besoin de légiférer sur l’intégrité qui est le principe de tout acte, public ou non. Non, ce qu’il faut, c’est bien la réconciliation des Français avec leurs médias, avec leurs enjeux politiques.

Ce sera sans doute une longue convalescence, pour un mal inscrit dans l’opinion depuis plus d’un demi-siècle. Mais elle est à la portée de tous, car c’est à chacun qu’il revient de renouer le lien avec la chose publique : la modification de l’humeur générale passe avant tout par le regain d’intérêt et de confiance de chaque individu pour les médias et la politique. Mobilisation, confiance et recul, tels sont les réels outils dont il faudra s’armer pour faire face à la difficile situation présente.

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