Round 1 : les 26% du Président contre les 24% de Copé et les 33% de Le Pen


C’est fait : François Hollande est tombé à 26% dans les sondages. A présent, il devient le Président honni de tous. Si ce n’est pas malheureux que l’on en arrive là… Plus le temps passe, plus nous avons l’impression que nous sommes dans une impasse. Très franchement, ça me fait peur. Parce qu’aujourd’hui, une des options qui s’impose de plus en plus rapidement à nos consciences est la possibilité d’une démission : ce serait sans doute le meilleur moyen de limiter la casse, étant donnée la gravité de la situation. Mais une démission aurait un tel impact, au moins symbolique, qu’elle ne permettrait pas non plus à la France de se redresser.

Que faire ? La force d’opposition est quasiment réduite à néant, décapitée depuis un an et déchirée par des luttes internes qui la décrédibilisent aux yeux des citoyens. A l’heure actuelle, la droite ne peut pas prendre la responsabilité d’un gouvernement et d’un pays à tenir, si elle n’est même pas capable de se maîtriser elle-même. Certains croient à un retour de Nicolas Sarkozy, ce qui serait envisageable puisque les Français sont aujourd’hui une majorité à penser qu’il aurait fait mieux à la place de François Hollande. Mais il reste impopulaire, et justement, c’est le point qui pèche : à quoi bon remplacer l’impopularité par l’impopularité ? Ensuite, mis à part cette hydre à deux têtes qui se déchire sans cesse pour de –vulgaires- questions de pouvoir, rares sont les présidentiables.

Quant à la gauche, sa situation est plus difficile encore : en cas d’élections, elle serait invariablement battue. Ce qui fait que le seul outil qui reste dans la boîte de Monsieur Bricolage pour l’instant, c’est l’hypothèse d’un changement de premier ministre. Et, cette fois, pour mettre un vrai ponte de la gauche et pas un guignolo comme Ayrault. Spontanément, je pense à Martine Aubry, qui s’est tenue à l’écart du pouvoir depuis mai dernier. Mais là encore, il y a un hic : le remaniement ministériel est une « cartouche à usage unique », et notre bon Président veut garder toutes les portes ouvertes pour l’instant, qui sait, en cas d’urgence, après tout, il reste encore quatre ans à tenir. Hé, Monsieur, n’est-elle pas là, l’urgence ? Ou alors, envisagez-vous pouvoir laisser la situation déraper encore plus ?

Alors, le constat : droite out, gauche KO. Match nul. Et qui reste-t-il dans ce joyeux mélodrame ? La gauche de la gauche et la droite de la droite. Pour caricaturer, le Front de gauche et e Front national. Deux fronts pour une unique bataille, celle pour le pouvoir, dont la perspective n’a jamais été aussi proche. Sans rire, on se croirait en finale de la Champion’s League. Avec, pour arbitrer tout ça, le centre qui agite le drapeau blanc.

Si je voulais aller un peu plus loin encore, je me risquerais même à donner un pronostic sur le résultat. Et je fais mes jeux sur l’extrême-droite, car il y a peu de chances pour que, face à l’échec des mesures tentées par la gauche, les Français en veuillent toujours. Vous me répondrez que c’est un peu simpliste, mais, que voulez-vous, il n’y a pas que cette pseudo-analyse de marabout, il y a aussi l’instinct du parieur ! Non pas qu’il soit infaillible, au contraire… En tout cas, pour l’instant, les enquêtes semblent aller dans ce sens : un sondage Harris Interactive paru hier annonçait qu’un tiers des Français pensent que Le Pen ne peut pas faire de mal à la France. L’heure est grave.

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4 Commentaires

Classé dans Analyses

4 réponses à “Round 1 : les 26% du Président contre les 24% de Copé et les 33% de Le Pen

  1. ZTE 4

    Lors de l’élection de N. Sarkozy, la crainte d’une partie des français était de voir la France entrer en révolution avant la fin de son quinquennat. Qui aurait dit cela lors de l’élection de F. Hollande en mai dernier ? … et pourtant … on semble s’en rapprocher dangereusement …
    L’un apparaissait comme un loup, l’autre comme agneau… encore une mesquinerie des apparences ! En attendant, je partage votre avis, voilà qui risque fort de faire les choux gras des extrêmes, plus bleu que rouge foncé.

  2. Je ne veux pas vivre dans un pays de discrimination, dans un pays aux revendications identitaires tendant vers la xénophobie. Il faudrait aussi voir si la réaction des français n’est pas disproportionnée face à Hollande… l’inefficacité est certaines avec des réformes maladroites, mais il installe plutôt une stagnation qu’une destruction… Cela vaut-il toute cette agitation extrême?

    • Je pense que, sur ce point, je ne peux pas vous répondre avec objectivité ! Il est difficile de garder la tête froide quand l’on vous prend par les sentiments comme l’indignation ou la colère -ce qui est mon cas face à la politique menée par M. Hollande.
      Comme la plupart des Français, j’estime que ce n’est plus un problème d’inefficacité mais d’incompétence. Quant à l’agitation extrême que vous évoquez, elle est justement extrême (-iste) et c’est là le deuxième problème très, très préoccupant.

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