Cahuzac : encore une occasion ratée pour M. Hollande


Il faut bien que j’y aille de mon petit mot sur cette sale histoire Cahuzac. J’ai suivi d’assez près la plupart des péripéties de l’affaire, et nous voici rendus à l’inévitable : la mise en cause de notre cher Président. Encore heureux que M. Hollande doive rendre des comptes sur son « armée mexicaine » -dixit un grand ponte de la gauche, le terme est assez amusant. Le seul problème, et de taille, c’est qu’il ne s’est jamais, jamais comporté en père de famille avec son gouvernement depuis maintenant onze mois.

Déjà, un bon père prévient. Sur ce point, passe encore, étant donnée la véritable litanie sur la « gauche morale » et la « justice » à laquelle nous avons eu droit l’année dernière. Ensuite, un bon père surveille. Ici, je vous laisse en juger. Enfin, un bon père punit et prend ses responsabilités. Ah, ça, pour punir, notre Président sait faire ! L’opération rédemption menée par les petits frères et sœurs gouvernementaux de Cahuzac, j’appelle ça un lynchage médiatique. Ajoutons à cela les critiques habituelles qui fusent de l’opposition, le reste de la gauche qui cherche à se démarquer à tout prix de cette affaire -quelques insultes mélenchonistes sont toujours de bon ton dans ce cas- et l’exécution politique sommaire qui a eu lieu en place publique ces derniers jours, je ne donne pas cher de la peau du Garonnais.

Il faut dire qu’il a mis en pièces la ligne directrice de la majorité. Faire autant de dégâts en quelques jours, ça n’avait pas été aussi bien réussi depuis le Grand incendie de Londres ; c’était à l’échelle internationale et au XVIIème siècle, c’est dire si je tire mon chapeau à Cahuzac ! Un autre bon côté de l’affaire, c’est qu’elle aurait pu faire réagir M. Hollande : c’est ce que nous avions tous espéré cette semaine. Mais là, nous sommes déçus. Et combien ! Il hésite, il minaude, il n’agit pas. Avec 71% d’opinions défavorables et 60% des Français qui souhaitent un remaniement ministériel d’urgence, si ce n’est pas une démission pure et simple, on ne peut pas se permettre de tergiverser.

Ce que j’aimerais, et c’est certainement une belle utopie si elle concerne le Président normal, c’est qu’il anticipe et prévienne au lieu de se rendre esclave des faits en réagissant après le début de la bataille. C’est vrai dans la plupart des domaines ; du moins, je n’ai pas de contre-exemple à proposer : comment être offensif en étant contraint à se défendre sur tous les fronts ? D’accord, on pourrait objecter qu’il est plus sage d’attaquer quand la voie est libre. Enfin, Rabbi Jacob a trouvé la parade il y a plus de quarante ans :

« – Qu’est-ce que je vais leur dire, à tous ces gens-là ? Ils vont me poser des questions !

   – Faites comme eux : quand on pose une question à un juif, il répond toujours par une autre question. Ça lui donne le temps de réfléchir à la question ! »

Bon, ça, c’était pour rire. Mais, franchement, je n’ai pas tellement le cœur à la plaisanterie. Parce qu’il reste encore quatre ans à tenir, et que la France va droit dans le mur. Parce que je n’ose pas imaginer à quoi notre pays ressemblera en 2017, si l’on continue d’agir avec une telle inertie. Et parce que chaque jour qui passe, c’est Le Pen qui fait un pas de plus vers Élysée.

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Classé dans Ça chauffe !, Questions, coups de gueule et polémiques

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