Un nouvel accès de bonne humeur : chronique d’une conférence fort sympathique !


Je l’avoue, j’ai hésité avant de me relancer sur un tel sujet, et surtout aussi rapidement. Mais il arrive un moment où l’on ne peut plus se débiner. Voici donc un petit coup de gueule (encore un !) à propos d’une conférence donnée par une infirmière sur la bioéthique.

Je n’irai pas par quatre chemins. Cette conférence relevait certainement davantage de la propagande que d’une réelle volonté d’information. En effet, pendant plus d’une heure, j’ai entendu cette brave conférencière du dimanche raconter ses sornettes et se contredire elle-même, jusqu’à un point où, tous les auditeurs, nous avons bien failli nous lever de notre chaise et partir en claquant la porte un par un.

Mais, puisque l’on ne combat jamais mieux un adversaire que lorsqu’on l’a laissé parler, et écouté, auparavant, j’ai concentré presque toute mon attention -le reste étant pour l’horloge, sur ses propos.

Que cette femme s’engage selon ses convictions, c’est précisément ce que l’on attendait d’elle ; le contraire aurait été surprenant. Pourtant, je n’ai jamais, jamais, au grand jamais, vu d’arguments aussi vides de sens et creux que les siens. Et c’est là que je voulais en venir. Car, entendre un argumentaire fondé sur les grandes pensées philosophiques, pourquoi pas ? Descartes, Kant, Hegel y sont passés chacun leur tour. Jusqu’à ce que chacune de leurs positions se trouve détournée pour servir une opinion personnelle : et détournée d’une manière perverse, vous savez, celle qui, une fois un discours achevé, vous fait vous souvenir de la finalité astucieusement démontrée mais pas du chemin argumentatif en lui-même. Problématique, n’est-ce pas ?

Pour sûr, madame, votre cause est juste ! Votre discours tient debout, ça oui ! Pendant une heure à peu près. Parce qu’ensuite, dès que l’on cherche à se remémorer les étapes par lesquelles vous êtes arrivée à vos conclusions, le trou noir. Pire que cela, le vide intersidéral. L’Univers avant le Big Bang. Le cerveau d’Ève Angeli. Bref, toutes ces métaphores pour montrer le grand danger que représente ce type de discours : rien de tel pour faire adhérer un auditoire aveuglément. Faut-il vous rappeler qui d’autre était adepte de cette technique ?

Et j’en viens aux nombreuses contradictions qui égayaient cet argumentaire. Passons sur « les ovules de l’homme et les spermatozoïdes de la femme » (oui, oui), si vous le voulez bien… Quoiqu’on peut se demander au passage où les infirmières sont recrutées aujourd’hui, mais là n’est pas la question. Penchons-nous plutôt sur le pouvoir de la raison dans de telles circonstances.

En dépouillant Descartes, la conférencière a particulièrement insisté sur le fait que « dans le cas de la bioéthique, il est impensable d’utiliser des arguments qui relèvent de l’affect » (sic). Ce que j’approuve, dans une certaine mesure. Je ne sais pas si j’abondais dans son sens, mais en suivant ses propos à l’extrême, j’aurais débranché ce vieil homme incontinent, souffrant d’insuffisance cardiaque et sourd comme un pot. Son raisonnement se tenait à peu près alors.

Mais c’était avant le drame. « Rien ne remplacera jamais l’amour inconditionnel d’une maman, et c’est pour cette raison qu’on ne peut pas rationaliser la décision de garder un enfant handicapé. » Madame, je vous arrête tout de suite ! N’êtes-vous pas en train de faire l’éloge de ce que vous condamniez il y a à peine cinq minutes ? Ni une ni deux, j’ai noté ces phrases dans un coin de ma tête pour l’y confronter pendant le temps de questions… Temps qui n’a opportunément pas été pris ! Heureusement pour elle, sans doute, étant donné que nous étions un certain nombre à être scandalisés par ses propos. Mais tout de même au mépris de la liberté d’expression la plus élémentaire.

En cela, cette conférence représente presque tout ce que j’abhorre, tout ce que je combats ici. Et, j’espère que vous l’aurez compris, ce n’était pas sur la bioéthique que ce billet portait, mais sur l’argumentaire en lui-même. (Donc, s’il est possible d’éviter un débat sanglant sur la bioéthique dans les commentaires, je ne m’y opposerai pas…)

Vraiment, je vous souhaite de ne jamais avoir à endurer pareil moment ! Au contraire, de toujours réfléchir tête froide, sur tous les sujets, quelle que soit la polémique qu’ils puissent contenir.

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Classé dans Ça chauffe !, Critiques

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